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Le premier meurtre de l’ère musulmane

Dès son arrivée à Médine, le prophète de l’islam a obtenu le soutien de deux tribus arabes. Il a alors commencé ses expéditions contre les caravanes et les autres tribus des alentours. Ces expéditions portent le nom de « ghazwa » quand Mohamed y participe sinon on parle de « sariyya ». L’objectif de ces expéditions était de 

« prendre connaissance des routes situées aux alentours de Médine ainsi que des chemins menant à la Mecque, de signer des traités de paix avec les tribus habitant non loin de ces routes, de faire sentir aux associateurs et aux juifs de Yathrib ainsi qu’aux arabes malveillants des environs que les musulmans étaient les plus forts et qu’ils s’étaient débarrassés de leur faiblesse d’antan » (1).

En d’autres mots, ces expéditions avaient pour but de marquer leur territoire et d’effrayer juifs et bédouins arabes pour qu’ils signent un traité de paix avec les musulmans.

Deux ans après son arrivée à Médine et après plusieurs expéditions, Mohamed chargea l’un de ses généraux, d’en mener une nouvelle. Il mit Abdallah ibn Jahsh  à la tête de cette « sariyya ». Il était accompagné de 12 hommes, montés sur 6 chameaux. Le but de cette « sariyya » était d’observer une caravane quraychite et d’en informer le prophète. Lorsque Abdallah et ses hommes aperçurent la caravane transportant des marchandises de commerce, ils se dirent:

Nous sommes au dernier jour de Rajab, le mois sacré. En les combattant, nous violons le mois sacré. Or, si nous les laissons cette nuit, ils entrerons au Haram (2).

En d’autres termes, soit ils devaient les attaquer en ce dernier jour du mois sacré, où les combats étaient interdits par la coutume arabe préislamique, soit ils devaient les laisser s’échapper. Les hommes d’Abdallah prirent la décision de les attaquer et, d’une flèche, l’un d’eux tua le chef de la caravane. Un seul s’échappa mais deux autres furent faits prisonniers.

Cette expédition est la première durant laquelle un homme était tué, dans l’ère musulmane, an 2. Et c’est un musulman qui le tua.

En rentrant à Médine, avec le butin et les deux prisonniers, ils expliquèrent l’assaut sur la caravane à Mohamed et lui dirent :

« Nous avons droit au cinquième du butin » (3).

Mais Mohamed était furieux. Il leur dit :

« Je ne vous ai pas ordonné de vous battre au cours du mois sacré ! » (4).

Il était trop tard, le mal avait été fait et la nouvelle de la violation d’un mois sacré se répandit dans toutes les tribus qui critiquèrent ce comportement des hommes de Mohamed. Les Quraychites crièrent leur colère : 

« Mouhammad et ses compagnons ont profané le mois sacré, versé le sang, emporté le butin et captivé les hommes » (5).

C’est alors que le verset 217 de la sourate 2 du Coran fut « révélée » dans lequel il est dit : 

Ils t’interrogent sur le fait de faire la guerre pendant les mois sacrés. – Dis : « Y combattre est un péché grave, mais plus grave encore auprès d’Allah est de faire obstacle au sentier d’Allah, d’être impie envers Celui-ci et la Mosquée sacrée, et d’expulser de là ses habitants . L’association est plus grave que le meurtre. […]

Le rationaliste iranien Ali Dashti écrit à propos de cette situation :

« Cet aspect défavorable de la situation semble avoir inquiété le Prophète, qui montra une certaine froideur à Abdullah ibn Jahsh et ses hommes, et une certaine incertitude sur les suites à donner. Abdullah ibn Jahsh prétendit que l’attaque avait eu lieu le dernier jour du mois de Jomada oth-Thaniya, dans ce cas une solution pourrait être trouvée; mais il y avait également le problème du butin, qui fournirait les nécessaires ressources financières aux partisans du Prophète et ne devait donc pas être abandonné en réponse aux vaines protestations des Quraychites. Probablement, des compagnons lui firent remarquer que ce qui avait été accompli ne pouvait être défait et que n’importe quelle sorte de désaveu équivaudrait à reconnaître la culpabilité musulmane et l’innocence de l’ennemi. L’importance du butin pour améliorer la situation des Mohajerun [les émigrés musulmans venus s’installer à Médine] dût également avoir été présente à leurs esprits. » (6).


1. Safiyyu ar-Rahman Al-Mubarakfuri, Le nectar cacheté. La Biographie du Prophète, p. 268.
2. Idem. p. 272.
3. Tafsir Ibn Kathir sourate 2 verset 217, p. 301.
4. Safiyyu ar-Rahman Al-Mubarakfuri, Le nectar cacheté. La Biographie du Prophète, p. 273.
5. Tafsir Ibn Kathir sourate 2 verset 217, p. 302.
6. Ali Dashti, « 23 ans. Etudes de la carrière prophétique de Mohamed » chapitre 3.  Lire en ligne

 

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